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Le blog de la F.F.G.

L’uberisation guette-t-elle la généalogie ?

30 Novembre 2015, 15:25pm

Publié par La Fédération Française de Généalogie

Telle est la question que les présidents d’associations généalogiques doivent se poser.

Que recouvre, d’ailleurs, ce néologisme ? Il a été inventé par Maurice Lévy, le PDG de Publicis, lors d’un entretien de décembre 2014. Cette expression s’inspire de la célèbre application de véhicule de tourisme avec chauffeur qui concurrence les taxis. Elle sous-entend, donc, une évolution du modèle économique d’un secteur.

La généalogie aujour'dhui - FFG 2015
La généalogie aujour'dhui - FFG 2015

Il y a quelques années, réaliser sa généalogie supposait d’adhérer à une association afin de bénéficier de ses relevés et d’éviter ainsi des frais de déplacement et de gagner beaucoup de temps dans ses recherches. Les associations généalogiques françaises ont toujours fait le choix de cotisations faibles. Cette politique les a amenées, dans la majorité des cas, à chercher des financements extérieurs, d’où la vente de travaux ou d’informations ponctuelles contenues dans leurs relevés. En général, elles se sont adressées à des sociétés commerciales qui leur ont concédé des ristournes sur les ventes via le minitel puis ensuite Internet. D’autres associations ont rejeté ce système de vente et se sont regroupées : elles offrent leurs données, gratuitement, moyennant un échange de points selon le principe du SEL (Système d’échange local).

En réaction au développement d’une société commerciale qui souhaite proposer des photos d’actes associées à des relevés produits par elle-même (et non fournis par les associations), divers services d’archives ont mis sur pied une indexation dite collaborative. Ces travaux sont alors mis gratuitement à disposition de tous. Parallèlement, un effort substantiel a été fourni par la quasi-totalité des services départementaux d’archives qui ont mis en ligne gratuitement les images des actes de l’état civil et de nombreuses autres sources.

Le modèle associatif se trouve donc mis en concurrence avec les archives en ligne, les indexations collaboratives et les indexations commerciales associées aux images.

Force est de constater que tous ces facteurs sont en train de détruire à petit feu notre existant actuel.
Il est impératif que les associations réfléchissent au modèle actuel qu’elles proposent et le fassent évoluer.

On ne peut plus se contenter de proposer des relevés de l’état civil « secs ». Nos ancêtres ont eu une vie et ils ont laissé des traces dans les archives. Celles-ci doivent être exploitées et mises en lumière et enrichir nos relevés. Lors du dernier congrès, nous vous avons montré qu’il était possible d’illustrer le relevé d’un acte avec des photos de l’ancêtre, des références le concernant (fiche matriculaire, décoration, renvoi à des articles de journaux ou à des livres, etc.) et même de le lier à la photo numérique mise en ligne par les archives.

En conclusion, les nouvelles technologies et l’évolution rapide de celles-ci nous commandent d’agir et d’imaginer d’autres schémas que ceux qui ont cours depuis plus de trente ans.

J F PELLAN - Président de la FFG

Cet article est extrait du Flash n°223. Le Flash est la lettre d'information mensuelle publiée par la Fédération Française de Généalogie. 
Vous pouvez consulter ce numéro et les archives sur le site web de la FFG.

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Wangi 08/01/2016 21:24

Effectivement, l’association généalogique telle qu’elle a vécue a besoin de se renouveler à l’heure d’Internet. Je n’ai pas renouvelé mon adhésion dans un club local car je n’avais aucun ancêtre sur place. Je préfère être en contact par Internet avec des personnes qui s’intéressent aux mêmes communes que moi, qui sont lointaines, mais dont j’ai les registres en ligne.
Et pour les deux communes que j’ai pu dépouiller, plutôt que de donner mon travail à une association pour qu’elle le vende à son profit, je les ai mis sur GeneaNet pour que tous les généalogistes intéressés puissent copier ce qu’ils veulent.