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Le blog de la F.F.G.

Au service de la Fédération Hommage à Gilles Mesnil (1951-2017)

19 Avril 2017, 13:19pm

Publié par F.F.Généalogie

Au service de la Fédération

Hommage à Gilles Mesnil (1951-2017)

 

L’un de nos présidents d’associations fédérées, Gilles Mesnil, est décédé accidentellement le 8 avril dernier, à l’âge de 66 ans. Une semaine plus tôt, le Conseil d’administration de la FFG et, la veille, le Bureau, avaient évoqué la question de notre site internet. Or, Gilles avait signé la première édition d’un cahier des charges du futur site. A bien des égards, son parcours de généalogiste (amateur) aura été exemplaire.

 

Au temps des TRA

 

Au début des années 80 (il a un peu plus de 30 ans), notre collègue et ami est vice-président de l’Association généalogique du Pas-de-Calais en charge de l’informatique. C’est l’époque de l’enquête « TRA », pilotée par l’historien démographe Jacques Dupâquier. Beaucoup d’associations et de chercheurs amateurs, à titre individuel, vont y contribuer, dans toute la France. Les cercles s’informatisent, les index sont consultables sur minitel et c’est la grande vogue des relevés « systématiques » : on relève les actes (BMS ou NMD) sur des fiches normalisées dites « TRA » car mises au point par le Laboratoire de Démographie Historique ; et on saisit ensuite les données sur ordinateur. La FFG (ex FSFGHS) encourage ce mouvement alors que les Archives nationales aident les cercles à s’équiper en matériel.

 

Informatisation associative

 

Au début de la décennie suivante, une association dédiée à la généalogie et à l’informatique (GAO) va naître à l’initiative de notre collègue (natif du Nord et résidant à Paris), autour de logiciels fonctionnant sous DOS et qui gèrent des généalogies personnelles mais aussi des relevés d’actes. Pionnier, avec d’autres, ardent défenseur du « systématique » mené de façon rigoureuse (orthographe, abréviations, majuscules, mentions marginales…), Gilles Mesnil ira jusqu’à rédiger pour la FFG une notice officielle destinée à généraliser les bonnes pratiques en matière de relevé d’actes. Ces dernières années, il avait mis sur pied un partenariat avec la ville de Meudon quant à l’indexation de l’état civil de cette commune de la petite couronne parisienne. Un cas de gestion associative trop peu connu et peu suivi.

 

Travaux et publications

 

En parallèle, l’homme né en 1951, cheminot de profession - qui a commencé à travailler tôt mais a gravi en interne beaucoup d’échelons - se passionne pour des sujets historiques autant que généalogiques : à partir de dossiers conservés aux Archives nationales, il publie en 1989 un ouvrage sur Les douaniers mis à la retraite sous l’Empire. En 2006, il réédite – en la complétant d’utiles index – un registre de mariages (et autres événements) célébrés dans les Églises wallonnes de la Barrière (pour faire simple, des communautés protestantes situés dans les Pays-Bas autrichiens ou actuelle Belgique). Cela ne lui suffit pas puisqu’il entreprend une investigation poussée dans les archives de Cambrai (sa région d’origine), s’intéressant entre autres aux prisonniers de la Révolution condamnés à mort ; en 2016, il aborde l’indexation du « cumulus » des Archives du Nord pour le compte des Sources généalogiques et historiques des Provinces du Nord dont il est devenu membre : un chantier qui porte sur plusieurs milliers de pages ; pour 2018, il avait recommandé l’utilisation d’un logiciel afin d’exploiter les recensements d’Arras de 1911 et de 1921 en vue de l’exposition du Congrès international (rédigeant un tutoriel pour l’équipe de bénévoles).

 

Héritage

 

Gilles Mesnil n’est ni un être parfait ni un cas unique. Cependant, il aura, comme beaucoup d’hommes et de femmes de sa génération, consacré plus de 35 ans à une passion dévorante, participant à l’essor de la généalogie associative, sous toutes ses facettes, se faisant volontiers historien amateur et bibliophile, éditeur de sources d’archives ou de logiciels (avec le concours de l’équipe de GAO pour les logiciels).

 

Participant récemment à une Assemblée générale de la FFG à Pierrefitte, il y avait défendu publiquement une fédération de généalogistes amateurs forte, ayant les moyens de ses ambitions. Sa disparition brutale est un choc. Elle prive le monde généalogique associatif de l’un des siens, toujours critique (depuis la présidence de Gaston Sagot, au début des années 90), mais fidèle : un responsable de cercle spontanément et sincèrement « au service de la Fédération ». Si l’on se souvient que le thème du 10e Congrès national d’Arras, en 1989, était « De la plume au clavier », on peut affirmer que Gilles, comme tous ceux qui ont vécu les mutations des années 80 à nos jours, sont passés « de la plume au clavier », mais revenant à la plume en quelque sorte avec la consultation et l’édition de sources originales manuscrites ou imprimées.

 

Enfin, le parcours de Gilles Mesnil – ce recours aux nouvelles technologies maîtrisées s’accompagnant d’une recherche rigoureuse dans les fonds anciens – résume et nous ramène aux débats du CA fédéral qui s’est tenu une semaine avant son décès : quelle pratique généalogique voulons-nous pour demain ? ; quelles activités dans nos cercles faut-il généraliser pour renouveler nos travaux alors que la médiatisation de l’état civil a explosé mais que bien des sources demeurent inexplorées ou, à tout le moins, non indexées ? Puissent nos rendez-vous de 2017 apporter des réponses à ces questions et honorer ainsi sa mémoire !

 

Christophe Drugy

Secrétaire général de la FFG

Paris, le 19 avril 2017

 


 

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