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Le blog de la F.F.G.

Libération des données publiques

10 Avril 2011, 10:22am

Publié par Jean-Yves Houard

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L’accès aux données publiques pour tous est un sujet à l'ordre du jour dans de nombreuses démocraties.

Dès le lendemain de son investiture, le 20 janvier 2009, Barak Obama a hissé l'Open Data au premier rang des priorités de son mandat. » L'information détenue par le gouvernement fédéral est un bien national » quatre mois plus tard, data.gov était lancé, qui rendait accessibles des données publiques de toute ordre : consommation d'énergie dans les foyers, rapports d'inspection des centrales nucléaires, dépenses de l'État… Une petite révolution, montrant qu'un État peut, sans perdre son pouvoir, jouer la carte de la transparence avec ses concitoyens.

 

D'autres pays ou villes ont réalisé cette ouverture : la Grande-Bretagne, la ville d'Edmonton au Canada, les villes de Rennes et de Paris en France.

 

Afin d'en savoir plus sur ce sujet après les premières informations recueillies lors de la journée de l’AAF (Association des Archivistes Français), nous avons décidé de nous rendre à l’atelier de réflexion organisé autour du phénomène Open Data le jeudi 17 mars à Issy les Moulineaux par  Microsoft France avec RSLN forum et World e.gov Forum.

 

 

L’introduction fut confiée à un philosophe Bernard Stiegler  initiateur de  l’IRI (Institut de recherche et d'innovation au sein du Centre Pompidou.)

 

Pour lui, l’ouverture des données publiques est à rapprocher de la révolution de l’imprimerie.

 

L’internet doit passer d’une somme d’intelligence individuelle à une somme d’intelligence collective.

 

On constate que l’ OpenData est un carrefour et il y a trois routes qui y convergent.

 

La première s’appelle transparence.

Elle est portée par une attente citoyenne particulièrement forte, adressée à la chose politique. Elle s’est cristalisée avec Wikileaks, dont il faut rappeler le but politique de rééquilibrer le rapport de force entre citoyens et pouvoir par la transparence de l’information et des données.

Elle se traduit plus prosaïquement par des initiatives de transparence budgétaire comme Where does my money go ou de contrôle parlementaire comme ce que fait Regards Citoyens avec mondepute.fr, en France.

 

La seconde est politique et relève du management public.

Jean-Louis Missika de Paris a raconté combien le cadre de la participation politique, en France, enfermait et organisait un rapport de force politicien improductif d’où le citoyen de base était absent. Comme il a été rappelé, l’enjeu de la donnée, c’est d’observer, mesurer, prévoir. Or, gouverner, c’est prévoir. Et l’enjeu de la libération des données, c’est celle de l’Internet telle que l’a rappelé Bernard Stiegler : passer d’une somme d’intelligence individuelle à une somme d’intelligence collective. Partager la donnée, ça sert à ça, surtout quand partager est bidirectionnel et que les utilisateurs peuvent aussi enrichir les données (ou les corriger).

 

La troisième relève de l’efficacité économique.

Au terme de quelques décennies d’informatisation, vous disposez de vastes bases de données et des citoyens ou des utilisateurs avides de services, ainsi que la compétition ou l’émulation environnante, vous obligent à vous poser la question de développer des services dessus.

 

Vous avez alors 3 solutions :

Vous pouvez

soit  vous transformer en opérateur de services, imaginer lesdits services, les construire, les lancer et les maintenir.

soit chercher un opérateur à qui vous allez concéder ce travail.

Soit  libérer les données et faire l’OpenData que l’on connaît..

 

Ce que montrent les exemples de l’OpenData, c’est que cela crée beaucoup de valeur, beaucoup de diversité. Xavier Crouan, de Rennes, a indiqué qu’avec 20 000 € investis, il s’était généré pour 500 000 k€ d’applications en moins de six mois.

 

Au niveau de la France , il faut noter la préparation du site OpenData de l’Etat français  EtatLab .

 

Cette ouverture des données n’est pas restreinte aux administrations, les entreprises et les personnes morales, les individus peuvent participer à cette ouverture.

 

Les généalogistes qui ont le souci de transmettre la somme de leurs travaux pourraient sous forme numérique aussi les mettre à disposition de tous en les déposant dans des « bibliothèques virtuelles »

 

A suivre.

 

illustration RSLN

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Jean Paul 30/04/2011 19:51


Dans Toolinux, il y a une analyse juridique intéressante de cette ouverture :
http://www.toolinux.com/Open-Data-et-licences-libres?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+toolinux+%28Toolinux+-+L%27actu+Linux+-+L%27actu+libre%29&utm_content=Netvibes